Avec Mission Enfance, secours et éducation pour les enfants libanais

Urgence

Mission Enfance travaille au Liban depuis près de 30 ans. Parrainages scolaires, constructions d’écoles, de centres d’éducation, de formations professionnelles pour les enfants et les familles libanaises et réfugiées syriennes. Jamais, depuis toutes ces années d’actions humanitaires dans ce pays, la présence de Mission Enfance n’a été aussi fondamentale.

De retour de sa mission humanitaire dans ce pays où la misère s’étend désormais au pied des gratte-ciel déchiquetés du centre-ville de Beyrouth, l’équipe de Mission Enfance a secouru des centaines de familles. Traumatisés par la violence inouïe de l’explosion du 4 août, les habitants de la capitale libanaise ne dorment plus. “La nuit, je revois les blessés qui courent ensanglantés dans les rues, les mains sur leurs blessures, à la recherche d’un hôpital encore debout, je revois ces enfants au corps transpercé par des éclats de verre, et tous ces gens aveugles…” se désole Antoine, étudiant à l’AUB, American University of Beyrouth. “Les ophtalmos et tout le personnel médical de Beyrouth ont travaillé comme des brutes cette nuit là. Mais combien d’handicapés allons-nous voir sortir maintenant des hôpitaux ? ”

Les beyrouthins sont sous le choc. L’explosion du port n’est qu’un drame parmi ceux que vit toute la population libanaise. En octobre 2019, la décision du gouvernement libanais de rendre payante l’utilisation de Whatsap met le feu aux poudres. Des manifestations quotidiennes dans tout le pays réclament la chute de son gouvernement. Les banques libanaises, à cours de dollars, monnaie principale des transactions, ne permettent des retraits que de 100 $ par semaine. Le pays est déclaré en défaut de paiement en mars dernier.

Depuis, les libanais endurent une véritable descente aux enfers. “Nous avons subi l’explosion, nous sommes ruinés et demain, que peut-il nous arriver ? Une guerre ?” s’inquiète Sofia une mère de famille du quartier d’Achrafieh qui ne peut plus payer la scolarité de ses deux enfants et a suspendu depuis six mois le traitement de son cancer. Non loin de l’élégance surannée des maisons ottomanes de Gemmayzeh, aujourd’hui ravagées, nous découvrons des familles logées dans des taudis qui camouflent la faim de leurs enfants sous la dignité de leur accueil.

Des salaires qui ne sont versés qu’à moitié, lorsqu’ils sont versés…, une hyperinflation des prix multipliés par huit depuis un an, une classe moyenne qui s’enfonce chaque jour un peu plus dans l’indigence : 60 % de la population libanaise vivrait aujourd’hui sous le seuil de pauvreté et le chômage toucherait 40 % de la population active. L’ultime recours des libanais : l’aide humanitaire.

Nos denrées achetées au Liban pour faire vivre les commerçants (riz, pois chiches, farine, huile, conserves, etc.) et nos dotations d’argent sont distribuées en mains propres par notre équipe locale auprès des familles du centre-ville de Beyrouth mais aussi à celles de la Karantina, de Sin el Fil, de Bourj Hamoud... Nos dons financiers participent aux réparations des maisons mais le plus souvent, nous faisons face aux larmes d’impuissance des pères de famille, comme celles de Toni “Mon salaire de mécanicien est réduit de moitié et mon patron m’annonce que je suis libre de partir…”. Toni, comme tant d’autres, recevra les fonds pour racheter son frigo explosé et payer la scolarité annuelle de ses deux enfants. Chaque famille est visitée, ses besoins sont exposés, avant que Mission Enfance ne verse son soutien.

Dans Bourj Hamoud, grâce à la bonne volonté des responsables de nos centres, nous avons délivré des bons d’achat dans les supermarchés à plus de 100 familles listées. De quoi  nourrir leurs enfants pendant un mois.

Devant le dénuement des parents, nous finançons la scolarité annuelle de 50 élèves supplémentaires. Nous distribuons des ordinateurs aux enseignants et aux enfants contraints de suivre leur cours en ligne, confinement de certaines régions du Liban oblige… Actuellement, nous réhabilitons 18 salles de classe aux murs détruits par l’explosion dans l’école Saint Charles, à Beyrouth, pour permettre à 400 élèves de reprendre espoir grâce à une scolarité normale.

Nos actions humanitaires, de développement comme d’urgence, ne sont qu’une goutte d’eau mais elles participent à la survie de ce pays qu’on dénommait autrefois “la Suisse du Proche-Orient”.

Chaque jour nos équipes sont sur le terrain et distribuent des secours alimentaires et financiers. Et nous préparons demain. En effet, que se passera-t-il lorsque, comme annoncé par les autorités libanaises, les produits comme l’essence, les médicaments ou la farine ne seront plus subventionnés par un état aux abois ?

La réponse de Mission Enfance est incessante pour les plus démunis. Mais elle ne pourra être apportée aux enfants du Liban que grâce à la solidarité de tous.


Domitille Lagourgue
Directrice de Mission Enfance

INTERVIEW DOMITILLE LAGOURGUE - RETOUR MISSION LIBAN OCT 2020

Réhabilitation de 18 salles de classe de l'école Saint Charles à Beyrouth.

Don financier aux familles les plus démunies, suite à l'explosion du port de Beyrouth.

Le temps s'est arrêté à 18h07 dans la ville de Beyrouth, le 4 août 2020.

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